Au commencement de l'humanité, seuls existent des chasseurs-cueilleurs. Ces hommes fonctionnent par clans et tribus formés par des descendants d'un ou plusieurs couples initiaux. Pour appartenir à une tribu ou à un clan, il existe le droit du sang. Plus tard, avec la sédentarisation, apparaît le droit du sol : tous ceux qui vivent dans un lieu sont considérés comme faisant partie du même clan.
Quatre régimes dans le monde
1. Un droit du sol inconditionnel
Tous les pays du continent américain (sauf le Chili et le Venezuela), auxquels s'ajoutent quelques pays d'Asie. Ce principe date du XIXe siècle, quand les États récemment constitués cherchaient à attirer les immigrés.
2. Un droit du sol sous condition
L'Europe occidentale, l'Océanie, le Japon et quelques pays africains. Acquérir la nationalité peut se faire à la 2e ou 3e génération d'immigrés, selon des conditions diverses de résidence.
3. Un droit du sang exclusif
La plupart des pays d'Afrique, d'Asie et d'Europe de l'Est. C'est une conception ethnique de la nationalité qui prévaut, selon des critères religieux, linguistiques ou culturels.
4. Un droit du sang discriminatoire
Dans une quarantaine d'États du monde musulman, la nationalité se transmet seulement de façon patrilinéaire : les femmes sont exclues de l'application du droit du sang.
Conflits et enjeux
Beaucoup de conflits mondiaux ont pour origine l'application stricte de ces droits : les Azéris et les Turcs contre les Arméniens, les Russes contre les Ukrainiens, les Israéliens contre les Palestiniens.
Ce dernier cas est le plus complexe. Les deux peuples sont tous deux sémites. Les Palestiniens sont descendants des habitants historiques de la Terre Sainte — ils possèdent le droit du sol et du sang. Les Israéliens sont descendants des Juifs de la diaspora, revenus revendiquer leur droit du sang sur une terre dont ils revendiquent également le droit du sol. Cette superposition de légitimités, jamais résolue, nourrit le conflit.
Et nous, franc-maçonnes ?
Pour nous, franc-maçonnes, existe-t-il un droit du sang, un droit du sol pour entrer en loge ?
Lorsque nous entrons en franc-maçonnerie, nous allons dans un autre monde où chaque franc-maçonne concourt à l'amélioration de l'Humanité. Nous sommes immergées dans la solidarité, la fraternité — ces notions sont universelles.
Même si cela paraît utopique, pourquoi chaque humain ne serait-il pas un citoyen du monde — celui qui aurait les mêmes droits et les mêmes devoirs universels, afin de respecter l'être humain dans sa dimension physique, spirituelle et culturelle ?
Mes sœurs, est-ce un droit, est-ce une possibilité, ou simplement un rêve ?