Accueil

Planche  ·  Éthique & Humanité

Le Pardon

Le choix de renoncer au ressentiment — et de se libérer.

Le Pardon est le choix fait par une personne blessée de renoncer au ressentiment et à la vengeance envers son agresseur. Il ne s'agit en aucun cas de minimiser, de banaliser, d'effacer ou d'oublier ce qui s'est passé. Pardonner, c'est décider de s'en libérer et, de ce fait, de ne plus en souffrir.


C'est tellement difficile de demander pardon. Celui qui demande se retrouve tout d'un coup en situation de faiblesse. Il lui faut descendre de son piédestal, reconnaître qu'il peut être faillible. On remet le pouvoir dans les mains de l'Autre — un pouvoir terrible, celui d'accepter cette faiblesse ou de la refuser.

Le pardon reçu nous oblige à nous reconnaître imparfait, blessant — et malgré cela, une personne que nous avons offensée ne nous en tient pas rigueur. Son attitude généreuse nous oblige à être plus humble, à augmenter notre empathie.

La première personne à qui nous devons accorder notre pardon, c'est nous-mêmes. Rappelons-nous, mes sœurs, lors de notre initiation, du portrait de notre propre ennemi découvert dans le miroir : c'est nous-même.


Il y a des pardons ordinaires, accordés sans douleur pour un mot ou un geste de trop. Et puis il y a les pardons extraordinaires — ceux que nous avons tant de mal à concéder, après avoir été blessés au plus profond de nous-mêmes.

On ne peut pardonner que ce que l'on peut punir.Simone Weil
Ne pas limiter un homme à ses actes, aussi monstrueux qu'ils soient.Paul Ricœur

Pardonner, c'est tout sauf passer l'éponge. Un pardon accordé trop vite ne soulage personne. Quand avons-nous vraiment pardonné ? Quand nous ne ressentons plus ni colère ni rancœur, et surtout quand tout sentiment de culpabilité a disparu. Le vrai chemin de la libération, c'est de redevenir pleinement acteur de sa vie.


Dans la religion juive, le pardon implique repentance, confession, réparation et réconciliation. La fête du Yom Kippour, jour du Grand Pardon, est un jour de jeûne et de prière. Pour les Chrétiens, le Christ est la figure de proue du pardon — les catholiques en ont fait un sacrement : le sacrement de la Réconciliation. Dans l'Islam, le pardon est un attribut de Dieu, qui se manifeste par son nom Al-Ghafûr, le Tout Pardonnant.

L'importance du pardon en franc-maçonnerie est capitale. Nous prônons des valeurs de fraternité, de bienveillance et d'entraide — le pardon est indispensable pour préserver l'harmonie entre nous. Il permet d'apaiser les tensions, de rétablir la confiance rompue et de reconstruire des liens solides sur de nouvelles bases.

Le pardon, dans ce contexte, devient un phare qui éclaire notre chemin. En reconnaissant nos propres fautes et en pardonnant celles des autres, nous édifions une structure de compréhension mutuelle et de paix. C'est dans ces moments de réconciliation que la lumière maçonnique brille le plus intensément.

Le pardon est notre boussole qui nous guide sur le chemin de la fraternité. En pardonnant, nous devenons des artisanes de paix, tissant les fils de l'unité qui renforcent les fondations de notre loge.